Jean-Claude Grumberg, « l'auteur tragique le plus drôle de sa génération », n'a cessé de lutter contre l'oubli de ce que fut l'effroyable machine d'extermination nazie. À la manière des frères Grimm il raconte, dans une écriture finement ciselée, ce qui pourrait être une belle histoire : la rencontre miraculeuse entre un bûcheron et sa femme avec une jolie petite fille abandonnée dans une forêt obscure… Mais la petite fille est tombée d'un de ces trains qui ont traversé l'Europe entre 1940 et 1945 avec l'enfer pour destination finale. Le pur amour naissant entre ces trois êtres est assombri par l'odeur des cendres qui recouvre la forêt comme elle a recouvert l'Europe. Charles Tordjman, dans une fidélité totale au récit, fait entendre ce conte poétique, rageur et percutant, porté, dans une émotion contenue, par deux remarquables comédiens.